Adolphe d'Ennery

Société des Amis d'Adolphe d'Ennery

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Société des Amis d'Adolphe d'Ennery

Publié le mardi 26 mai 2015 | Mis à jour le vendredi 02 octobre 2015.

À 20 ans, Adolphe Philippe1 (Dennery) débute comme auteur dramatique et fait produire sa première pièce, écrite en collaboration avec Charles Desnoyers2, dans un théâtre qui vient d'être inauguré, le Théâtre du Panthéon3. Il pose alors la première pierre d'un édifice qui sera composé de plus de 200 œuvres, essentiellement dramatiques. Les représentations s’enchaîneront à une allure impressionnante et l'auteur sera rapidement considéré comme le doyen et le chef du théâtre contemporain4.


À sa mort, en 1899, son nom résonne encore dans les théâtres et les revues s'emparent rapidement de l’impressionnante affaire qui suivra son décès : Le procès du testament d'Adolphe d'Ennery. Aujourd'hui, Adolphe d'Ennery est surtout connu pour le musée parisien qui porte son nom5 ainsi que pour sa pièce « maîtresse », Les Deux Orphelines (1874), écrite en collaboration avec Eugène Cormon. La pièce sera adapté en roman par les auteurs trois ans plus tard et connaîtra un énorme succès. Seulement, d'Ennery n'occupe pas (ou plus) la place qu'il mérite et il est aujourd'hui très difficile de regrouper des informations conséquentes sur sa vie. Les adaptations de ses œuvres sont presque inexistantes et les éditions, manquantes ou lacunaires (et pour la plupart, introuvables).


La Société des Amis d'Adolphe d'Ennery a donc été créée afin de combler ce retard en regroupant les personnes qui s'intéressent à ce monument de la dramaturgie et en dirigeant les premières recherches sur l'auteur et son œuvre.


Il n'est pas a préciser l'excitation qui nous gagne chaque jour depuis la création de la Société. Mis à part un ou deux articles le mentionnant vaguement, aucunes réelles recherches n'avaient auparavant été réalisées sur l'auteur. Aucun recensement d'œuvres, aucunes statistiques établies et surtout aucunes études. Pour palier à ce manque d'information, la Société envisage également la publication de l'Encyclopédie d'Ennery. Celle-ci, agrémentée régulièrement de notices, tableaux, statistiques et articles inédits, permettra de porter un regard neuf sur la vie de l'auteur, son œuvre, ses collaborateurs etc.


Considéré à raison comme l'un des dramaturges les plus prolifiques de son siècle, Adolphe d'Ennery peut aussi être considéré comme l'un des auteurs dramatiques les plus talentueux. Cette « puissance théâtrale » se revèle dans son art de transmettre les émotions. Dans ses Souvenirs6, Gustave Claudin7 l'évoque ainsi :


Comme charpentier, il est de la force de Scribe et de Sedaine. D'Ennery, cela de parti pris, ne s'est jamais préoccupé de la forme littéraire. Il parle avant tout la langue hachée du théâtre. Nul ne sait mieux que lui amener une scène émouvante et en tirer tous les effets qu'elle comporte. Il excelle à trouver le mot qui doit faire frémir ou pleurer les âmes sensibles qui sont dans la salle. De là vient l'étonnement qu'on éprouve quand on cause avec lui. Il parle une tout autre langue ; alors il est fin, spirituel, original.

Quant au journaliste Charles Monselet8, il précise dans le périodique Le Monde illustré :


M. d'Ennery est un des dominateurs du théâtre ; personne ne s'entend mieux que lui à faire couler les larmes; voyez la Grâce de Dieu, voyez les Deux Orphelines, voyez Marie-Jeanne.

Face aux travaux de recherches, de recensements et d'éditions qui se profilent, nous pouvons affirmer que la route sera longue mais aussi qu'elle sera d'autant plus excitante. C'est pourquoi, nous espérons sincèrement que vous vous joindrez à nous tout au long de cette entreprise et que nos efforts permettront de faire découvrir au plus grand nombre ce pan important de l'histoire du théâtre français.

Le président,
Jeremy M. SULTAN.


1. À 20 ans, Adolphe d'Ennery s'appelait encore Adolphe Philippe. Il fut autorisé à ajouter à son nom, celui de d'Ennery, que le 10 janvier 1860.
2. La carrière de Charles Desnoyers avait débuté 6 ans avant, en 1825.
3. Situé Rue Saint-Jacques à Paris, le Théâtre du Panthéon ne durera que 12 ans (1832 - 1844).
4. cf. la nécrologie de l'hébdomadire Le Ménestrel datant du 29 janvier 1899.
5. Adolphe d'Ennery légua son hôtel particulier situé dans l'actuelle avenue Foch ainsi que la prestigieuse collection d'art asiatique qu'il contenait, réunie principalement par l'épouse de l'auteur, Clémence. Le Musée d'Ennery dépend aujourd'hui du Musée Guimet, le musée national des arts asiatiques.
6. Gustave Claudin, Mes souvenirs. Les Boulevards de 1840-1870, Paris, Calmann-Lévy, 1884, p. 241-242.
7. Gustave Claudin (1823 - 1896) est un journaliste et romancier français.
8. Charles Monselet (1825 - 1888) est également romancier, poète et dramaturge.



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